Dimanche 14 septembre 2008
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Né le 19 novembre 1893, il perdit rapidement son père. Sa maman, veuve avec trois enfants, le confiat à un orphelinat dirigé par des "bonnes
soeurs" comme il aimait à le dire. Là, pour l'enfant turbulent qu'il était, sa vie devint un authentique enfer; car, selon les critères de l'époque, il fallait "le casser". Et les "bonnes soeurs"
s'y employèrent plus que de raison. Il a souvent connu le cachot, au pain sec et à l'eau. Il en a gardé, toute sa vie, une haine féroce contre les religieuses et dans les années 50 encore, à
chaque fois qu'il rencontrait une "cornette" dans la rue, il ne manquait jamais de lui lancer des invectives parfois très désobligeantes ( j'avais moins de cinq ans, à l'époque, et pourtant, je
me le rappelle, comme si c'était hier ! ! ).
En 1905, il obtient son certificat d'études et file en apprentissage. Avec ses premiers sous, débute pour lui la période la plus heureuse de sa vie; la bande de la Mairie du XVIIIème va faire les
400 coups sur les "fortifications", ce formidable espace de liberté aujourd'hui occupé par le périphérique. Il y rencontre sa future femme: Renée PERLICAN qui habite rue du Mont Cenis, avec son
frère Robert et ses parents Arthur et Emélina PERLICAN.
Le premier décembre 1913, commence, pour lui, une période plus difficile :
il fait son service militaire, puis est, bien entendu, mobilisé pour la Grande Guerre, dans la foulée ! Ses états de service révèlent son affectation dans les "services auxiliaires" jusqu'en
1916. Après, on ne sait plus rien...
Il épouse Renée, en 1920, quelques jours avant le décès de son beau-père, sans doute foudroyé par la tuberculose. J'émets l'hypothèse que la maladie du Père a peut-être un peu précipité les
épousailles ! Cependant, le couple fût toujours profondément uni, à tel point que naquirent deux filles: Simone en 1921, puis Gisèle en 1926.
Dans ces années là, Charles a passé des concours et se retrouve fonctionnaire "à la territoriale"; il occupe la fonction d'agent d'octroi, d'abord à la barrière de Saint Mandé, puis, plus tard à
DRANCY. Il partira en retraite, officier d'Etat Civil.
Manifestement, ses idées politiques sont à gauche, mais il a une certaine crainte de tout ce qui vient de Moscou, depuis qu'il a découvert des emprunts russes en pagaille, dans les greniers de sa
belle famille. En 1924, il adhère à la S.F.I.O et se rapproche des francs-maçons. Jamais il ne se démentira de ces deux engagements. Simone prétendra, toute sa vie, avoir été baptisée
"francs-maçon", sans que personne ne comprenne, dans la famille, ce que cela signifiait. Peut-être son Père l'avait-il amené à quelque cérémonie plus ou moins occulte ! ! !
Charles est un imaginatif, avec toujours une idée nouvelle sur le grill; et il se dépense sans compter pour satisfaire une ambition démesurée. Dans les années du Front Populaire, il vend des
gateaux secs, sur le marché de DRANCY, le dimanche. Pendant la guerre, il cultive des pommes de terre sur des terrains prêtés par la commune de Drancy. Mais un petit malin fera la cueillette
avant lui ! Dans les années 50, il remplira la 4CV de Jean-Emile BERTHELOT, son gendre, de tuiles...pour faire des WC extérieurs, dans la maison de famille de son épouse. TOUJOURS UNE IDEE SUR LE
FEU...pourrait-être sa devise.
Autre caractéristique du personnage: il pique des colères dont tout le monde se souvient. Un soir, il rentre du travail passablement énervé. Son épouse, toute en douceur et définitivement
réservée, balaie dans la salle à manger. Il se met à hurler : " on ne balaie pas les fenètres fermées". Et il arrache le balai des mains de Renée, ouvre la fenêtre, et le jette dans la
rue.....Trois secondes plus tard, la colère est retombée...et ils passent ensemble une soirée des plus calmes...
Autre anecdote: dans les années 50, chaque soir, un peu avant 20 heures, il écoute sur Radio Luxembourg, l'éditorial politique de Jean GRANDMOUGIN. A ce moment là, il est fortement conseillé à
tous les membres de la famille de se faire aussi petit que possible; une mouche qui vole et c'est l'adrénaline qui envahit tout le bonhomme...
En 1950, sa fille Gisèle, lui donne un petit-fils. Pour mémoire, il a eu deux filles et sa fille ainée lui a déjà donné une petite-fille. La naissance de Patrick, c'est un formidable espoir pour
lui, et son esprit débordant l'abreuve de tout ce qu'ils vont pouvoir faire ensemble. Le crabe envoie tout cela aux oubliettes de l'histoire; il allait avoir 61 ans ! ! ! ! ! ! Et c'était mon
grand-Père.