Mercredi 23 avril 2008
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Je fais partie de ces SENIORS qui se font jeter,
journellement, des entreprises, en raison d'une indiscutable discriminination par l'âge, qui sévit, à l'heure actuelle en France. Je suis vieux, donc, moins performant. Ce raisonnement
stupide a conduit la France à jeter à la poubelle toute une génération, sans distinction, uniquement parce qu'elle était la plus agée ! Comment a-t-on pu en arriver là ?
Un peu d'histoire, comme d'habitude:
Au départ, les entreprises françaises gagnent beaucoup d'argent. Mais leurs concurrentes étrangères en gagnent davantage, parce que leur
main d'oeuvre leur coûte moins cher. Et tout ça parce que la France a un système social performant et par conséquent couteux.
D'où vient l'argent qui finance ce système social ? Des charges patronales que payent les entreprises, bien entendu. Ce qui, bien evidemment, pénalise leur rentabilité.
Question : que faut-il faire pour rendre les entreprises françaises plus compétitives sur un marché maintenant mondialisé ?
La réponse saute au yeux.
Sauf aux socialistes doctrinaires qui dirigent le pays, à ce moment de son histoire. Au lieu de réduire les charges patronales, pour les
ramener au niveau des autres entreprises concurrentes, les socialistes donnent l'opportunité aux chefs d'entreprises de se séparer de leurs salariés les plus agés: la conséquence en est une
réduction de la masse salariale. Et nos socialistes crient victoire ! Ils n'ont pas touché au sacro-saint système social ! La quadrature du cercle, en quelque sorte ! C.Q.F.D.
Quelques années plus tard, ils sont contraints de déchanter; le résultat n'est pas à la hauteur des espérances envisagées. POURQUOI
?
Parce que les entreprises se sont séparées, dans cette affaire, d'une partie de leur substance. Une partie de ce qui faisait leur
spécificité. Un jeune salarié coûte moins cher à l'entrepise: c'est un fait. Mais, on peut tourner le problème dans tous les sens, il n'a pas "toutes les clés" de l'entreprise, comme une personne
en poste depuis des dizaines d'années. Incontournable ! De plus, les "vieux" sont attachés à leur "boite", comme ils disent; les plus jeunes font partie d'une main d'oeuvre plus volatile...qui
change souvent d'employeur, les mettant ainsi en concurrence......
Dans d'autres lieux, j'ai développé l'idée que ce qui fait l'essence de l'entreprise se compose de trois éléments...et bien malin celui qui
pourra déterminer l'importance de chacun, tant ces trois éléments sont tellement imbriqués. D'abord, il y a l'entrepreneur, celui qui a l'idée de départ...qui amène ce qu'on appelle quelques fois
en termes juridiques "ses industries". Puis, il y a celui qui amène l'argent, pour donner corps à l'idée de départ. Autrefois, ces deux éléments ne faisaient qu'un et donnait à son titulaire le
prestigieux titre d'industriel. C'est de moins en moins le cas.
Mais il y a un troisième élément qu'il ne faut pas négliger: celui qui réalise le produit, en échange d'un salaire.
Ma théorie veut que ces trois éléments forment le capital de l'entreprise. Ainsi, le cours de Bourse sacralise ce que valent, pour le monde entier, ces
trois indissociables éléments. Or, légalement, le titre de propriété n'appartient qu'à l'entrepreneur et au capitaliste qui a apporté l'argent. C'est une grâve lacune du système qui considère
comme partie négligeable, le salarié.
Avec un tel raisonnement, on comprend mieux pourquoi se séparer d'un salarié, devient un élément mineur de la vie de l'entreprise. Alors que c'est, en réalité, une perte de capital.
Qu'etait-ce que cette formidable idée de la participation, si chère au Général DE GAULLE?
C'était le passage progressif des titres de propriété de l'entreprise vers les salariés LES PLUS ANCIENS. Avec cette idée derrière la tête, que les plus anciens "font partie des
meubles", comme on dit généralement.
Une oeuvre artistique passe dans le domaine public au boût de trente années. Pourquoi l'entrepreneur ne cèderait-il pas, progressivement son "bébé" à ses salariés? Les années à son service ne
sont-elles pas un gage de leur profond engagement pour l'entreprise ? N'est-il pas dangereux de garder à la tête de l'entreprise toujours les mêmes dirigeants sclérosés par le temps qui coule
?
ect, ect, ect.....
Les avantages de la participation ne se comptent plus tellement ils sont abondants; mais, et c'est là où je voulais en venir, la participation aurait bloqué cette machine infernale qui consiste à
licencier un salarié au motif de son âge. Peut-on envisager sereinement la liquidation d'un des propriétaires ?
Mais le pire de ce diabolique système est ailleurs. C'est qu'il a forgé, dans le coeur de la Nation, cette idée stupide que le but de la vie est d'atteindre LA RETRAITE. Comme si, "ne rien
foûtre" pouvait être un objectif en soi !! !
De mon expérience je retire que mes plus grandes satisfactions, je les ai obtenues de ma carrière professionnelle, parce que l'entreprise démultiplie les possibilités d'action sur le monde qui
nous entoure. L'entreprise m'a donné du pouvoir; elle m'a donné de l'argent; elle m'a donné un épanouissement que je n'aurais jamais pu atteindre autrement.
Alors la retraite, à mon avis, c'est pour les faignants !